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SRHP

La Super randonnée de Haute Provence

dimanche 22 décembre 2013, par SEVERIN Alain

Depuis plusieurs années, je lisais avec délectation les divers comptes-rendus des
participants aux deux grands brevets organisés par Sophie Matter : le mille du sud
avec ses magnifiques parcours, ses dénivelés impres sionnants et la SRPH.

A la retraite depuis le début du printemps, je me lance en juin sur le mille de
Ménigoute. Je le termine dans un état convenable, malgré un cadre fissuré et des
douleurs d’assise insoutenables.
Quelques semaines plus tard, je récidive sur le 1200 du Massif Central sur ma
bonne vieille randonneuse. En compagnie de Pascal Bachelard, je finirai en bon état
ce très coriace et superbe brevet.

Ces deux réussites m’ouvrent d’autres perspectives, je commence à envisager
une participation au mille du sud ou la SRHP. En accord avec Sophie, je vais profiter
de l’organisation du mille début septembre pour tenter la SRHP.
Guy Bouillot et Michel Bailleul, ténors de l’Us   Metro, seront également à Carcès le 5septembre pour faire la SRHP.

Nous nous retrouvons donc autour de la table avec les 45 participants du mille pour faire honneur à la succulente paella préparée par les bénévoles du Club.
En accord avec Guy et Michel, je partirai vers 6 heures. Je ne serai pas ainsi tenté
de suivre leur rythme, sûrement trop élevé pour moi. Nous serons ainsi proches, sans subir nos allures respectives.

Mercredi 5heures. Après une nuit agitée, je me lève péniblement, une rhinite
sûrement due à la climatisation du Tgv, m’a réveillé plusieurs fois.
Je partage mon petit-déjeuner préparé par Sophie avec une horde de petites
fourmis. Vers 5h 45, je quitte Carcès, il fait doux, je démarre en court.
La garrigue dort encore. La pente est modérée jusqu’aux portes des gorges et
Aiguines.

Changement de décors et de rythmes, les pentes sont plus sévères, l’allure se
règle au gré de la pente. Tout est bon pour une pause photo. Le spectacle est
grandiose. Je mitraille à tout va. La corniche sublime porte bien son nom, les pentes
ne sont pas trop rudes. Peu de circulation mais des cohortes de moto troublent la
quiétude de cet endroit magique. La brume voile un peu le paysage.

La route jusqu à la Palud n’est pas trop difficile, il n’en est pas de même pour
celle des crêtes. Au dessus de la barre de l’Escalès, les pentes rudes et sévères
obligent à un effort intense. A la Palud, je m’offre un casse-croûte que je n’arrive
pas manger et un demi. Mes deux compères arrivent quand je démarre. Ils ont du sacrément rouler ! La route de Moustiers, accidentée, n’offre pas de difficulté
particulière.

A la sortie du village, je ressens une pression forte sur la roue arrière. Mon sac de selle se retrouve par terre. Après quelques tentatives de réparation avec l’aide de Guy et Michel, je me résous à trouver un sac à dos à Moustiers. J’achète l’unique sac à vendre dans ce piège à touristes. Je m’arrête ensuite à la station Elan à la sortie du village. Le mécano, également cyclo m’aide à démonter la lumière fixée sur le montant métallique de mon sac. Il hérite aussi du sac. Seule l’attache a cassé.

J’ai perdu une heure, mais je peux continuer.

La route qui mène à Bras d’Asse coupe plusieurs cours d’eau maigrichons. Je ne suis pas au mieux. Je serais à la peine dans le très bucolique et magnifique col d’Espinousse. Après Thoard, les pentes sont sévères, je vais un peu mieux. Un sanglier fuit dès qu’il m’entend ou me sent. Un blaireau fuit devant moi, sa démarche dodelinante me fait bien rire. Passé le col d’Hysope il fait nuit, désormais, je rejoins
prudemment Sisteron. La descente non balisée et sinueuse demande beaucoup d’attention.

Je prends un grand café et une part de tarte à ‘’la Citadelle’’. Mes collègues sont partis 10mn avant mon arrivée. Je ne traîne pas, le resto va fermer.
La route de Saint Etienne va me paraître bien longue. Je fais les niveaux et me
ravitaille à Cruis. C’est surprenant, mais la très belle fontaine est occupée par des
poissons.

J’attaque la montée de Lure à 0h 30. Bien calé sur le 30x26 ou 28, je m’arme
de patience. J’ai retrouvé une bonne cadence. Dans la foret, la pente, plutôt douce,
s’apprivoise facilement. Après l’oratoire la pente s’accentue. Le refuge passé, la fin
du col dans les cailloux me semble bien longue. Je contrôle non sans mal par une
photo à une borne vers le sommet. Avec mes gants, je n’arrive pas à déclancher le
flash. L’emplacement du panneau du pas de la Graille, est un peu incongru, situé dans la descente. Je roule prudemment, la route n’est pas bonne. Je verrai une belle
biche. J’atteins péniblement Valbelle. Un hangar avec du foin me servira d’hôtel. Il
est 4h30. Je règle le réveil pour 6heures.

Au réveil, je suis transi. Je ne m’attarde pas. La route en constant faux plat me réchauffe rapidement. Il fait un temps magnifique, sur la gauche le Ventoux ferme l’horizon. J’ai de bonnes sensations. Je cherche une boulangerie, ce n’est qu’aux Omergues qu’un café est ouvert. Café devant lequel sont garés les vélos de mes deux compères et amis. Ils sont surpris et heureux de me voir. J’attaque donc mon petit déjeuner de la meilleure des manières. Je redémarre après une toilette rapide. Guy et Michel sont désormais jusque devant moi

Je les rattrape avant le col de Macuègne. Les jambes tournent
bien, malgré mon foutu sac à dos, je me sens efficace. Les cols qui suivent sont de
simples formalités. Je laisse Guy et Michel partir pour me ravitailler à Saint André. Je fais le plein avant le Ventoux. Je pointe à Malaucène à 11h30.

Dès les premiers kilomètres de l’ascension, je suis dans le bain, la pente
atteint vite 10%. Il faut trouver la bonne cadence, que j’aurai bien du mal à trouver.
Le spectacle est grandiose malgré la brume de chaleur qui voile le décor et le bruit
des motos qui me doublent sans arrêt. Les rampes raides se succèdent. Heureusement le Mont Serein et son replat permettent de récupérer un peu. Les
derniers lacets dans la caillasse sont moins pentus.
Dans une foule de motards et de touristes je me fraie un passage vers la borne du
sommet. Il est 15heures. Je quitte au plus vite ce lieu plutôt inhospitalier.

La descente à l’abri du vent me permettra des fantaisies de vitesse que je ne m’autorise que très rarement. Après le chalet Reynard, la route refaite à neuf et
presque sans lacets est un vrai billard. Quel pied !
Dans la vallée je retrouve la chaleur torride. Je m’accorde une petite pause à
l’ombre au bas du col des Abeilles. Il n’est pas bien méchant, mais au bout de
450km, le coup de pédale est moins souple. Le plateau d’Albion ne se laisse pas
vaincre facilement : il est jalonné de belles bosses. Coup de fil de Michel, ils sont juste devant moi. Nous convenons d’un arrêt repas à Forcalquier. Dans mon élan,
j’en oublie presque le pointage. Heureusement, après la sortie du village, je pourrais
faire la photo d’usage.

Banon passé, c’est désormais une section descendante qui se négocie à vive
allure. Mes deux compères m’attendent devant une petite pizzeria. Nous nous régalons et aurons du mal à finir une pizza succulente arrosée d’une boisson au
gingembre maison.

Nous reprenons notre progression toujours descendante, Guy et Michel s’en donne à cœur joie. J’ai parfois du mal à suivre.
Nous remontons ensuite le plateau de Valensole par une bosse de 5 bons kilomètres. Ce plateau entrecoupé de petits cours d’eau est jalonné, sur des
chaussées médiocres, de bosses courtes et de descentes raides peu roulantes.

Après Quinson nous retrouvons de belles routes toujours sinueuses et accidentées,
puis c’est Cotignac, bien illuminée et pimpante. Nous savourons les derniers instants
de ce magnifique brevet. Il est deux heures quarante. Carcès : terminus, Largement
l’heure d’aller s’allonger pour une petite nuit de sommeil réparatrice.

Ce brevet ne doit pas passer pour un épouvantail. Certes difficile, il est à la portée
d’un bon cyclotouriste affûté.
Il convient cependant de prendre quelques précautions. Les principales difficultés
que sont la boucle intérieure des gorges et le mont Ventoux doivent se négocier
avec prudence.
Ne pas hésiter à partir très tôt (3 ou 4 heures) de Carcès. On peut ainsi arriver à
Sisteron pour manger convenablement à ‘’la Citadelle’’ vers 20 heures, (On passe
devant) pour escalader le Ventoux relativement tôt à l’abri de la grosse chaleur. Vous pourrez ainsi terminer cette superbe randonnée en début de deuxième nuit. Le mois de mai est propice à de bonnes conditions a tmosphériques. Attention cependant au mistral.

Je ne sais terminer ce compte-rendu sans rendre un hommage appuyé à Sophie
Matter. Grâce à ces somptueux récits, j’ai pu rêver longtemps avant de franchir le
pas. Je vous invite donc à aller visiter le blog du mille du sud ainsi que celui de la
Super randonnée de haute Provence.
Elle a développé et fait évoluer les brevets longs. D’autres sont en gestation dans
les Pyrénées. Sans oublier le très beau Dauphiné gratiné, dont le départ est situé à
Grenoble.

Ce parcours magnifique, à l’écart des chemins habituels vous fera découvrir des
routes minuscules et très sauvages, du vrai cyclotourisme.
N’hésitons pas pour faire la publicité de ces super bes brevets.

Surtout, ne vous laissez pas impressionner par le dénivelé !