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Rouler en club

lundi 19 février 2007, par LANGLADE Bernard

 C’est difficile

D’abord, le club, il faut le trouver, trouver le lieu de rendez-vous, ne pas tomber le jour où c’était reporté où il pleuvait, où on allait ailleurs. Puis, il faut trouver le bon club, celui qui roule, mais pas trop vite, celui qui ne roule pas trop vite, mais qui roule comme on a envie, ni superman, ni intégriste. Une fois le bon club trouvé il faut se réveiller, et une fois réveillé il faut se lever, tôt, et de préférence un dimanche matin. Levé il ne faut plus trop attendre, partir, et arriver avant le départ. Ensuite, il faut rouler. Comme tout le monde, ni trop vite, ni pas assez ; comme tout le monde, en file, en peloton, laisser passer quelqu’un quand justement l’on voulait passer, prendre son relais quand on aimerait bien filer, suivre à droite quand on préfère la route de gauche, franchir encore une bosse quand on serait bien rentré ; et, quand la fin de la sortie approche, suivre le rythme d’enfer que s’imposent ceux qui n’ont pas assez forcé

Rouler avec un club, c’est difficile.

 C’est commode

Une fois au lieu de rendez-vous, on se laisse guider, on n’a pas calculé le temps de route, mais on sait qu’on sera de retour pour le déjeuner. Mieux : pendant la semaine, on sait qu’on ira quelque part dimanche, sans avoir à chercher où, et que la sortie sera belle. Puis on est invité par les autres clubs qui fournissent le ravitaillement de 10 heures. Quand on ne créve pas, on apprend beaucoup de choses sur le vélo, et sur le reste. Quand on crève, on s’attend, et il y a toujours quelqu’un pour donner un coup de main. Quand on est crevé quelqu’un joue le Saint-Bernard dont on sucera la roue, et on rentrera toujours. Si l’on manque de fond, si l’on a besoin de rouler, on est sûr de rajouter 1000, 2000, 3000 kilomètres au total de l’année.

Rouler avec un club, c’est commode.

 C’est agréable

On est accueilli par des salut ! sincères, et intéressés à la fois : plus on est nombreux, plus facile sera la sortie. On se raconte sa vie, seulement ce qu’on veut en dire, et si l’on se contente d’écouter, on fait un heureux ; quand on parle, les montées au train passent toutes seules, et bientôt arrive la descente. Au pointage, le chocolat est chaud l’hiver, le sirop frais l’été sans parler des spécialités gastronomiques locales, et l’on rencontre les cyclos des villes voisines. La région est magnifique, on relit les paysages traversés en voiture, on savoure des replats inattendus, des vents portants insoupçonnés, on épouse tous les recoins de cette terre. On a envie d’ailleurs ? Il suffit de proposer, et l’on se retrouve à trois, cinq, douze, hors du département, sur d’autres routes nouvelles, à franchir les cols de l’année.

Rouler avec un club, c’est agréable.

 C’est facile

Il y a toujours un club prés de chez vous, qui roule comme vous, prêt à vous accueillir. Le réveil sonne à l’instant du premier cil ouvert, et il n’y a plus qu’à se lever. Le premier tour de roue, on le fait en suivant, en pédalant, on nettoie le corps couché trop tard, on distille le verre de trop d’hier soir, on remet en douceur la machine en route. Le train devient plus soutenu, l’air plus vif. C’est toujours doux, on s’abrite dans le groupe, tiens la première bosse est déjà passée, j’ai moins souffert que la dernière fois. L’ami qui ouvrait la marche ralentit, j’en profite pour prendre un relais, je respire mieux, la route est facile ce matin, je file, et si l’on prenait à gauche aujourd’hui ? Encore une bosse ? Non ? Alors on accélère un peu avant de rentrer ?

Rouler avec un club, c’est facile.


Article extrait du site : http://crcagnes.free.fr de la rubrique : Contributions